Dephine L.

Mistral perdu ou les événements
par (Libraire)
16 janvier 2019

Si vous avez roulé avec un 90 sur le coffre, mangé des Raiders et porté un sac US, préparez-vous à tourner les pages de votre album d'enfance.
Isabelle Monnin nous touche avec un roman singulier qui se rapproche d'une belle et émouvante litanie.
Chaque souvenir sonne juste, chaque phrase s'apparente à une déclamation.
Ce livre me rappelle "Les années" d'Annie Ernaux où il est question de mémoire, de la peur de l'oubli, de la mort mais surtout de la puissance de la vie.

Le courage qu'il faut aux rivières
par (Libraire)
16 janvier 2019

Confusion des genres

Ne passez pas à côté de ce premier roman qui vous séduira à bien des égards.
Si la rentrée littéraire n'est pas soumise à un thème, nos romanciers s'abreuvent néanmoins à la source des questions de société et il n'est pas rare qu'ainsi ils nous donnent à mieux comprendre le monde.
Emmanuelle Favier choisit d'aborder la notion du genre par le prisme d'une coutume venue des pays Balkans et toujours en vigueur dans le Nord de l'Albanie : la tradition des vierges jurées.
Ces femmes, habillées en homme, hautement considérées par la communauté, font le vœu de chasteté et obtiennent en échange toutes les prérogatives masculines.
Ce roman subtil et sensuel sonde les désirs au plus profond des êtres et laisse la place au langage des corps instinctif et primaire qu'Emmanuelle Favier traduit avec beaucoup de poésie.
Une très belle découverte !

Le dimanche des mères
par (Libraire)
14 janvier 2019

Émancipation

Sur fond d'aristocratie déchue, la Première Guerre mondiale étant passée par là, Graham Swift dresse le portrait de Jane, une jeune domestique orpheline qui ne célèbrera pas ce fameux dimanche auprès de sa mère donc mais dans les bras de son amant Paul, fils des Sheringham, qui s'apprête à se marier dans 15 jours avec une riche héritière. Ce livre est un petit bijou, l'histoire d'une émancipation, c'est un roman féministe, le portrait d'un être délicat, romanesque au possible qui ravira les amoureux de Downtown Abbey mais aussi tout ceux qui s'érigent contre les déterminismes.

Quand monte le flot sombre
par (Libraire)
14 janvier 2019

Photographie du temps qui passe

Un roman brillant qui aborde la question de la vieillesse et de la mort avec beaucoup de dignité et d'esprit.
Le postulat de départ est implacable : "Une vie, ça a une destination, une fin, une dernière parole." C'est ce que pense Fran Stubb, une septuagénaire pleine d'énergie qui sillonne toute l'Angleterre pour inspecter les maisons de retraite afin d'améliorer les conditions de vie des personnes âgées. Le paradoxe est qu'en ce qui la concerne, elle ne se facilite pas l'existence. Lucide et déterminée, elle n'envisage cependant pas de vivre autrement qu'au volant de sa voiture, libre de méditer sur le troisième âge au gré des citations et des poèmes qui lui viennent à l'esprit. Samuel Beckett, Simone de Beauvoir ou encore W.B. Yeats illustrent à merveille la pensée de Fran et par extension, celle d'une Margaret Drabble érudite, juste et pleine d'humour.
Entre l'Angleterre et les îles Canaries, l'auteur convoque une galerie de personnages afin de dresser un portait sociologique de la vieillesse sans concession, et règle ses comptes avec une société pétrie de contradictions.

Frédéric
5,00
par (Libraire)
28 novembre 2018

La simplicité à tout rompre d'une communauté de souris ouvrières laisse à Leo Lionni toute l'amplitude d'un conte philosophique pour les petits.
"Frédéric" est à mettre dans toutes les bibliothèques pour enfants, cet album glorifie l'importance du silence, de l'observation, de la poésie et de la différence.
Je conseille ce livre depuis plus de dix ans maintenant avec toujours autant d'émotion et de joie.